L’éléphant et les aveugles

 

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Toile sur châssis 50 x 50 cm, acryliques
Tirages d’après fichier numérique, tailles diverses, mat (Fil et cloues)

Six hommes d’Inde, très enclins a parfaire leurs connaissances, allèrent voir un éléphant (bien que tous fussent aveugles) afin que chacun, en l’observant, puisse satisfaire sa curiosité.

Le premier s’approcha de l’éléphant et perdant pied, alla buter contre son flanc large et robuste. Il s’exclama aussitôt : « Mon Dieu ! Mais l’éléphant ressemble beaucoup a un mur! ». Le second, palpant une défense, s’écria : « Ho ! qu’est-ce que cet objet si rond, si lisse et si pointu? Il ne fait aucun doute que cet éléphant extraordinaire ressemble beaucoup a une lance ! ». Le troisième s’avança vers l’éléphant et, saisissant par inadvertance la trompe qui se tortillait, s’écria sans hésitation : « Je vois que l’éléphant ressemble beaucoup a un serpent !». Le quatrième, de sa main fébrile, se mit a palper le genou. « De toute évidence, dit-il, cet animal fabuleux ressemble a un arbre ! ». Le cinquième toucha par hasard a l’oreille et dit : « Même le plus aveugle des hommes peut dire a quoi ressemble le plus l’éléphant ; nul ne peut me prouver le contraire, ce magnifque éléphant ressemble a un éventail ! ». Le sixième commença tout juste a tâter l’animal, la queue qui se balançait lui tomba dans la main. « Je vois, dit-il, que l’éléphant ressemble beaucoup a une corde ! ».

Ainsi, ces hommes d’Inde discutèrent longuement, chacun faisant valoir son opinion avec force et fermeté. Même si chacun avait partiellement raison, tous étaient dans l’erreur.

Anekantavada, du Tattvartha Sutra,

trad. Manuel pour comprendre les réalités

La parabole des aveugles et de l’éléphant est l’une des allégories les plus utilisées pour illustrer l’Anekantavada, notion est propre de la religion jainiste. L’on retrouve l’Anekantavada dans le Tattvartha Sutra, trad. Manuel pour comprendre les réalités : il s’agit en fait l’une des croyances fondamentales du dogme jainiste. Le message véhicule par cette doctrine est celui d’une réalité relative, qui embrasse la véridicité de l’existence de points de vue multiples (nayavada) ainsi que la relativité des choses dans le temps et dans l’espace (syadvada).

Ainsi l’installation se développe à partir de cette légende, qui veut une pluralité de regards photographiques se dégager de la toile accrochée au centre. L’oeuvre peinte engendre une multiplicité de regards et interprétations, fonctionnant comme l’éléphant touché par les aveugles, et les photographies accrochées autour d’elle incarnent une sélection de regards possibles. Voici des détails des images photographiques.

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